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Avant de découvrir l'histoire de notre cimetière et l'intégralité de ses tombes il est nécessaire de présenter l'histoire succincte de nos deux villages Taillancourt et Montbras.
Taillancourt
Son nom est d' origine germanique composé des prénoms féminins TALLA ou DALIA , toponymie complétée par la base pré indoeuropéenne de TALLA dont TAL signifie "" terre argileuse" renforcée elle même par la base gauloise TALO signifiant "front" Nous retrouvons dans les archives que ce lieu était dénommé TALLINCURIA et qu'en 1175 , le village appartenait à Pierre de Taillancourt. Géographiquement il se trouve en terre française, incluse dans le Bassigny comté de Champagne. Il est assis sur la frontière entre la France et la Lorraine. Environ à 500m à la sortie du village existent toujours deux maisons dites "le moulin Français". En franchissant la Meuse on se trouve en Lorraine.
Comme tous les villages Taillancourt eut à souffrir des trois plaies du Bassigny à savoir : les guerres , la famine et la peste. Il n'est donc pas étonnant de ne plus le voir figurer sur certaines cartes.
Le choléra de 1843 sera la dernière plaie , mais nous ne savons pas le nombre de personnes qui en décéderont . Un cimetière spécifique sera crée. Seul le cadastre napoléonien rappelle son existence.
Montbras
Le village tel que nous le connaissons aujourd'hui date de 1793., c'est à partir de cette date qu'il disposera de son propre état civil jusqu'alors inclus dans celui de Taillancourt.
Il a suivi l'évolution de son château de" BRAS" en Montbras.
BRAS
est un château à 4 tours carrées situé sur une ile en contrebas ,à droite , de l'actuel. A cette époque là rivière" la Meuse" et le" canal sous les roches" se côtoyaient à droite de celui-ci . Au lieu- dit le vieux moulin ( dans le virage de la route de Lezéville) se trouvait un moulin qui sera détruit lors des guerres entre la France et la Lorraine. Ses ruines obstruèrent la "vieille Meuse " qui de ce fait emprunta le canal de jetée et créa ainsi la " Grande Meuse ".L'histoire nous dit que le château a été détruit par les Bretons.
Un nouveau château sera donc construit sur le petit mont et on lui attribuera le nom de château de Montbras .Il est constitué d'une cour carrée et d'une basse cour à sa gauche.
(l'histoire de ce château est à découvrir sur les sites concernés.)
A partir de 1843 la basse cour fut divisée en propriétés privées, avec les dix maisons formant le chaufour, la population pris un peu d'ampleur . Celle -ci sera renforcée pendant la création de la ligne de chemin de fer inaugurée en 1870 par les Prussiens. Deux barrières seront construites sur la commune : la barrière du Tunnel et celle de l'isle.
Les habitants de Taillancourt dépendaient de 3 seigneurs dont la plupart à celui de Montbras d'où le renforcement d'une histoire commune.
Eglises et Chapelles
- A Montbras ,
selon le plan de Mr BUGNON (1697-1729) géographe du duc LEOPOLD une église ou une chapelle dénommée "la Saint Maurice" se situait à l'emplacement de l'actuel chaufour qui n'existait pas encore à cette date. Après sa destruction une chapelle privée sera installée à l'intérieur du château.
- A TAILLANCOURT
Ce village Français , dépendait au XVème siècle de Colard de FOUG ce qui lui attribuera quelques déboires. Il eut la mauvaise idée d'enfermer dans son château un prêtre de l'évêché de Toul. L'évêque et ses gens le combattirent il fut tué au combat. Colard excommunié par son geste ne pu être inhumé en catholique dans l'église. Bravant cet interdit son épouse le fit quand même ensevelir de nuit dans l'église de Taillancourt . Elle continua la bataille avec son fils mais tous deux y perdirent la vie.
Après toutes ces péripéties l'évêque ordonna la destruction de l'église Elle fut reconstruite mais OU et QUAND ? on lit souvent qu'elle date de 1760 mais celle-ci remplace déjà celle qui existait en 1600.Les archives paroissiales départementales commencent en 1679 , s'il n'y a plus d'église il y a pour autant des naissances , des baptêmes , des mariages et des décès .!!! C'est le curé de Pagny la Blanche Cote ou celui de Burey la Côte aidés par un vicaire qui tenaientt les registres.
Nous trouvons dans les archives les récits d'une requête datant de 1616, par laquelle les sœurs clarisses réclament à Monsieur le maire de Pagny la Blanche Côte perception des dimes concernant les grains . Elle est adressée à Jean Blanpied , chapelain de la chapelle St Nicolas érigée en l'église de St Gengoult de Taillancourt.
Puis on trouve trace d'une chapelle St Jean.
Dans le village la tradition veut que les grilles d'entrée de cette chapelle ornent les fonds baptismaux actuels.
Nous ne trouverons pas de plans de l'implantation de l'église ni des chapelles encore moins du cimetière.
En visualisant le cadastre napoléonien on remarque que l'église est inversée. La tour a été réparée en 1751 et en
1760 par Pierre BON, Claude et Nicolas PITOIZELLE. La porte d'entrée n'est pas schématisée mais le cimetière se situe bien tout autour.
Pour des raisons inconnues c'est en 1841 que le corps de l'église a été inversé. L'ex chœur fut percé pour créer la porte d'entrée , l'ex entrée est devenue le nouveau chœur avec la sacristie adossée au mur. La nef est restée inchangée
Puis les archives nous disent qu'elle a été reconstruite en 1860 à l'emplacement de celle construite du XVe siècle.
Pourquoi l'inversion de l'église ?
Cela reste une énigme mais je vous livre une réflexion personnelle découlant de notre l'histoire :
Jacques de SOMMYEVRE décède en 1710 au château de Montbras, son fils Gaspard en 1724 mais le château restera leur propriété jusqu'en 1837.
Nous sommes sous Louis Philippe 1er de 1830 à 1840 C' est une période insurrectionnelle.
Tout c'est-il toujours bien passé entre les gens de Taillancourt et Montbras avec leurs seigneurs?
C'est justement vers ces dates que l'Eglise est inversée
Rappelons comment est créée une église::
Le chœur appartient à la religion.
L'entrée au Seigneur;
Pour obtenir les bonnes grâces de la religion, les paroissiens doivent faire allégeance au Seigneur en franchissant l'entrée.
Dans sa notice sur le château de Montbras François de Chanteau nous apprend que les défunts de la famille de SOMMYEVRE sont inhumés dans le chœur de l'église devant la balustre côté droit.
Aujourd'hui du fait de cet inversement nous passons le seuil en foulant les tombes des seigneurs.
A l'extérieur la rampe d escaliers et le parvis datent certainement de cette époque.
Jusqu'à cette date des entretiens réguliers de consolidation sont effectués par la commune.
Les cimetières
Il n'y a pas de trace dans les archives de la création du cimetière situé autour de l'église de 1760 .pas plus qu'après
la transformation de celle- ci, en 1841.
Ce n'est que le 31-08-1868 que nous trouverons un règlement relatif à celui conçu en 1860 autour de la nouvelle église.

Ses particularités.:
Il dispose de 5 portes d'entrées et de 2 enceintes.
Les carrés 1-2-3-4 sont réservés aux catholiques
le carré 5 aux Israélites avec une porte d'entrée spécifique.
le carré 6 aux protestants ( rappelons que la maison n°3 de la Potier est dénommée "maison des protestants")
le carré 7, ne figurant pas sur ce plan , adossé au mur Est de l'église bordé par un mur et une porte d'entrée est réservé aux "sans baptêmes et aux sans communions"
ce cimetière commun à Taillancourt-Montbras sera réalisé par la seule mairie de Taillancourt
Il ne reste à ce jour que deux plaques adossées aux piliers extérieurs à gauche de l l’église :
-celle de Nicolas JACQUET et de son épouse Marie Anne ELOPHE habitants de Taillancourt
-celle de Marie Anne SAINCERE décédée en 1813 et de son époux Paul Pierre SAINCERE propriétaire et maire de Montbras vers 1804.



Le mur ouest a disparu
A partir de 1880 sa dégradation s' enclenche. Les nouvelles inhumations se faisant dans le nouveau cimetière. Certains monuments y ont été transplantés , les ossements relevés déposés dans la fosse A15 mais sur celle -ci sera ouverte la petite porte d'entrée.
C'est André Lecerf qui fut chargé et rémunéré pour le nettoyer. Les " jeunes écoliers " de l'époque le voyaient de la salle de classe effectuer ce travail exténuant. Certaines plaques funéraires furent réutilisées par la mairie pour couvrir le caniveau souterrain qui traverse la place du village et se jette au pied du pont.
C'est dans les années 1965 que le conseil municipal fera nettoyer et assainir complétement ce lieu.
le cimetière des choleriques
En 1843 l'épidémie de choléra gagne la Meuse .Sans doute comme pour la peste un cimetière spécifique est crée pour éviter la contagion.
Il est situé sur la parcelle 1112 du lieu -dit "LES AUGES" entre Taillancourt à Champougny. Aux archives départementales nous trouverons les registres des décès .
L'épidémie de 1832 ne dura que 2 mois soit de Novembre à Décembre et fera 19 morts.
En 1854 du 03 Aout au 28 Aout il y eut 10 morts
Petit à petit il est tombé en désuétude. Pendant un certain temps une grande croix le symbolisait . Les croix de bois sont disparues et aujourd'hui les vaches paissent sur cet emplacement
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LE NOUVEAU CIMETIERE
Dès le début des années 1870 la population des deux villages augmente.
Un conseil municipal commun étudie l'implantation d'un nouveau cimetière.
A partir de 1874 pour Taillancourt c'est Oscar Quilly , pour Montbras J Jacquet qui menèrent cette étude
Sur la commune de Taillancourt les parcelles d'une superficie de 16 a situées au lieu dit "La Louvière" seront achetées à Mrs LAURENT, BONNEAUX et FEVRE EN 1878 pour la somme de 1761F.
Le cimetière sera réalisé sur 9 ares environ.

En 1880 c'est l'entreprise Claude Saleur de Burey en Vaux qui réalise le mur d'enceinte pour une somme de 6940F.
3/4 à la charge de la commune de Taillancourt 1/4 à charge de celle de Montbras. Mr Verneau architecte suivra les travaux, ses honoraires seront de 262,97 F.
le 26-09-1880 par délibération le conseil municipal établira l'acte d'aménagement calqué sur celui de l'ancien cimetière.
8 sections sont crées :
- section A = 70 fosses affectées aux concessions perpétuelles.
- section B = 42 " " trentenaires
- section C = 14 " " temporaires
- section D = 152 " " ordinaires
- section D2 =22 " " sans baptême
- section E = 6 " " israélites
- section F = 6 " " protestants
- section G = 6 " " confessions non connues.
Une entrée spécifique était prévue pour les sections D2-E-F-G- depuis la rue Potier. En réalité elles ne seront jamais réalisées.
Réglementation des Inhumations.
le 26-09-1880 un règlement des inhumations de 44 articles en découlera régissant la police du cimetière Il prévoit que .les paroissiens ayant des tombes dans l'ancien cimetière puissent y transférer leurs monuments et les corps de leurs défunts aux frais de la commune.
La première concession perpétuelle A1 est enregistrée le 25 mars 1881 au nom de Barbe Chiquel, veuve de Claude Victor Mazelin elle transfèrera son monument, le corps de son époux de son père Gaspard Chiquel et de son frère Sébastien Nicolas.



A ce stade un point de la situation est à faire:
Il n'existe pas dans les archives de plan de 1880 situant l'implantation des 8 sections .C'est donc une esquisse de ce qu'il aurait pu être qui est représentée ci-dessous par contre elles nous donnent un plan daté de 1883 mais avec une autre disposition de fosses
Selon quel règlement les inhumations de 1880 à 1883 se sont effectuées?
Enigme non résolue !
Esquisse de 1880

Evolution de l'implantation des fosses
l'aménagement de 1880 prévoyait un ensemble de 300 fosses ,celui de 1883 : 291. on peut penser que celui-ci a été réécrit pour recevoir l'approbation de la préfecture selon ses remarques.
A partir de ce dernier plan le cimetière n'a cessé d'évoluer Les tombes perpétuelles situées autour de l'enceinte ne changeront pas ( A1 à A83 ) Seuls les carrés B-C et D évolueront.
Pan de 1883

Dispositions des fosses selon le plan de 1883
carré A = 83 fosses perpétuelles
carre B = 30 fosses trentenaires
carré C = 12 fosses temporaires
carré D = 166 fosses communes



Evolution de 1908 création des fosses A 87 à A110
Evolution de 1954 création des fosses A111 à A134

Création des fosses A136 à A157

Quelques dates relatives à l'évolution du cimetière de 1917 à 2019
C'est :
en 1917
qu'un délibéré du conseil municipal , selon les instances préfectorales , règle les vacations aux gardes champêtres chargés d'assister les inhumations , réinhumations et translations des corps.
en 1924
délibéré de la police du cimetière et le montant des concessions pour les inhumations et exhumations .qui sera modifie le 2-07-1945 .qui sera revu le 26-12-2007 et le tarif est fixé à 125 euros
le colombarium et le jardin du souvenir
la décision de création du premier colombarium a été prise le 12-09-2006.
sa réalisation en 2007 confiée à une société de St Avold . chaque case peut recevoir une à quatre urnes.
Un règlement sera rédigé et en fixera le prix:
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En 2017 il sera agrandi par un 2 -ème colombarium à 5 cases supplémentaires
Reprise de concessions
en date du 16 - 02 -2009 selon la procédure la reprise des concessions en l'état d'abandon seront reprises par la municipalité

Nous venons de voir l'évolution du nouveau cimetière et déjà la suppression de certaines tombes classées à perpétuité.
En 2019 la création d'un trottoir le long du mur d'enceinte

la croix Potier.
pour terminer cette étude nous rappellerons
les croix des rogations

Située sur le cadastre à l'angle de la route de Champougny et de la rue Potier.
En 1990 afin de la préserver suite au remembrement, Mr et Mme Tanière
ont proposé qu'elle soit réimplantée sur leur terrain en face de son
l'emplacement initial.
La croix JAQUINOT
inscription :
Ah que mon cœur est insensible
si tu me vois souffrir.

Implantée sur le chemin de Vouthon elle est à l'origine similaire aux deux autres.
Détruite dans les années 50 par un tracteur qui labourait le champ de Lucien Ferbus , elle fut remplacée par Louis Lemaitre et bénie bien plus tard.
LA CROIX pelerin

Située au croisement de la route nationale, de la rue Potier et du chemin de Salmon.
Son emplacement n'a jamais bougé.
L’étude de ces dossiers à été faite par Gilles Drapier. Aidé de Pascal Mourot , deux enfants du village, ils ont entrepris en 2018 la restauration des plus anciennes tombes dont certaines sont répertoriées à l’inventaire culturel du patrimoine de la Meuse.
Elles ont toutes été photographiées . Vous pouvez les visualiser en suivant le plan du site et y voir apparaître les noms de vos ancêtres.
Merci,
A
Monsieur le Maire et à son secrétariat pour l’ouverture des archives de la commune.
A mon petit neveu Thomas qui a assumé l'assistance technique.
Pour de plus amples informations drapier.gilles@free.fr se tient à votre disposition.
AUJOURD'HUI
MOI

DEMAIN
TOI
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